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Intel Developer Forum 2008

Ken Haugen, le roi des geeks Intel

Pour clore notre couverture du salon Intel Developer Forum 2008, voici le gagnant du concours Ultimate Geek organisé par le fondeur. Il s'agit de Ken Haugen, qui est rentré chez lui avec le grand prix, une Smart Passion coupé. Cet ingénieur doit avoir un don, car il gagne ce concours pour la deuxième année consécutive.

Ultimate Geek 2008

Grand Prix

Devenir le roi des geeks est loin d'être facile. Dans le cas présent, Ken Haugen a dû passer par trois étapes pour le moins difficiles.

1) L'épreuve du savoir

Les participants avaient 30 minutes pour répondre à 40 questions de "geek", du genre "Quel système informatique de défense militaire apparaît dans les films Terminator?". Seuls les 10 meilleurs passaient à l'étape suivante.

2) L'épreuve de tir

Les 10 heureux élus ont eu le privilège d'affronter la joueuse professionnelle Annie Leung dans un jeu de tir subjectif. Seule la moitié d'entre eux a survécu à cette étape.

3) L'épreuve ultime

Les 5 meilleurs geeks avaient une heure pour assembler et configurer un PC portable selon un cahier des charges ultraprécis. Ken Haugen a été le seul à arriver jusqu'au bout.

Tags : geek
Intel Developer Forum 2008

Une pilule empoisonnée pour les PC portables

Avec Intel Anti-Theft Technology (IAT), Arsène Lupin et consorts vont devoir se creuser la tête. Présentée à l'occasion de l'Intel Developer Forum, cette nouvelle fonction des puces Centrino 2 vPro, qu'Intel compte proposer au travers de fournisseurs de services d'administration, va rendre plus difficile l'exploitation frauduleuse des PC portables volés.

En effet, la technologie IAT empêche à distance l'accès aux données du disque dur. C'est ce qu'Intel appelle la "pilule empoisonnée". Si un portable est volé, plusieurs indicateurs peuvent le faire basculer automatiquement en "mode vol": tentatives d'authentification à répétition, absence de connexion pendant un temps prédéfini ou notification de l'utilisateur.

Dans ce cas, le serveur de gestion de sécurité du prestataire auquel la gestion d'IAT aura été déléguée pourra désactiver le PC, qui ne démarrera plus. Par ailleurs, si le disque dur était crypté, les clés de chiffrement pourront être détruites. Mieux: si la machine dispose d'un GPS ou se connecte en Wi-Fi, il sera possible de déduire sa position géographique. Et même d'allumer la webcam intégrée au portable pour voir l'auteur du crime! Enfin, si par chance la machine est retrouvée, elle pourra bien évidemment être entièrement restaurée.

Toutefois, cette procédure antivol a un talon d'Achille: elle suppose que le voleur se connecte à Internet. C'est en effet par le Web qu'IAT vérifie régulièrement que le portable n'a pas été dérobé. "Nos statistiques montrent néanmoins que 85 % des voleurs se connectent sur Internet avec le PC volé à un moment ou à un autre. Dans les autres cas, les machines sont désassemblées ou ne servent plus que comme simples lecteurs de DVD", explique Geoff Glave, directeur produit chez Absolute Software.

Ce fournisseur de services américain propose, au travers de trois centres de téléadministration, une offre complète de gestion de la sécurité des PC portables. Il compte proposer IAT sous forme de service optionnel au quatrième trimestre 2008, lorsque Lenovo et Fujitsu-Siemens commercialiseront leurs premiers portables équipés de cette technologie. Voici, à titre d'exemple, un des écrans de gestion qui seront utilisés par les agents d'Absolute Software:

absolute software

Selon le fournisseur, ce type de service risque d'intéresser bon nombre de grandes entreprises et d'organisations outre-Atlantique, en raison du durcissement réglementaire vis-à-vis de la perte de données clients. C'est le cas, par exemple, dans le domaine de la santé. La loi HIPAA (Health Insurance Portability and Accountability Act) a été amendée en 2003 par de nouvelles obligations en termes de protection des données.

Parmi les autres fournisseurs de services qui comptent utiliser IAT figurent Phoenix Technologies et Credant.

Intel Developer Forum 2008

Quelles sont les promesses de Larrabee?

L'un des thèmes les plus porteurs de cet IDF était incontestablement Larrabee, la future puce graphique d'Intel. Il suffisait de se rendre à la session de présentation technique pour le constater. La salle était comble avec plusieurs rangées de personnes debout au fond. Dehors, certains ont formé une file d'attente, au cas où quelqu'un sortirait et libérerait une place (c'est d'ailleurs comme cela que j'ai pu assister à la session).

La présentation a été menée par l'ingénieur Larry Seiler, qui a publié récemment un article scientifique sur cette nouvelle architecture. "L'architecture des GPU traditionnels est trop contraignante pour les besoins actuels des développeurs graphiques. Basé sur des cœurs Pentium, Larrabee va combiner la puissance de calcul d'un GPU avec la flexibilité de programmation d'un CPU", explique Larry Seiler.

Pour calculer un rendu graphique, un GPU traditionnel va traiter en parallèle une grosse quantité de données, et cela en plusieurs étapes successives. Ces étapes forment ce qu'on appelle la rendering pipeline. Selon l'ingénieur, certaines d'entre elles sont programmables, mais d'autres sont gravées dans le matériel. A défaut de pouvoir être configurées aux besoins du calcul, celles-ci généreraient des goulots d'étranglement.

A l'inverse, l'architecture multicore x86 de Larrabee propose une rendering pipeline où toutes les étapes sont programmables. "En cas de problème, les développeurs pourront modifier les paramètres et adapter le flot de calcul", précise Larry Seiler. De plus, comme Larrabee s'appuie sur des cœurs Pentium, les développeurs pourront appliquer les principes de programmation habituels du monde x86, comme la gestion de mémoire virtuelle qui n'existe pas sur les GPU. Les cœurs Pentium seraient par ailleurs beaucoup plus aptes à traiter des algorithmes complexes, comme ceux qui utilisent des structures de données irrégulières.

Intel promet pour Larrabee une compatibilité native avec les langages C et C++. Le support de DirectX et OpenGL est également prévu. Toutefois, aucune information précise de disponibilité n'a été donnée. Les premiers produits sont prévus "pour 2009 ou 2010". Le premier d'entre eux devrait s'apparenter à une carte PCI Express classique, ne serait-ce qu'à cause de la taille imposante que devrait prendre cette puce.

Tags : GPU larrabee
Intel Developer Forum 2008

L'Atom est partout

Ils étaient partout. A l'entrée, dans le forum, dans les étages. Impossible de faire un pas sans se retrouver en face de l'un d'entre eux: les MIDs (Mobile Internet Device) et leurs grands frères les netbooks. Les participants à l'IDF ont pu en admirer de toutes les couleurs et de toutes les formes, mais toujours estampillés avec un petit logo bleu: Atom Inside.


Durant l'IDF 2008, Intel aura célébré plus que jamais ces deux nouvelles catégories de terminaux informatiques, à coup de superlatifs et de chiffres grandiloquents. Ainsi, la société estime qu'il existera dans le monde plus de 15 milliards de MIDs et de netbooks d'ici à 2015. "A terme, tous les humains seront connectés à Internet d'une manière ou d'une autre. Internet sera intégré dans la vie de tous les jours", renchérit Pat Gelsinger, vice-président et directeur général Digital Enterprise Group au sein d'Intel.

Grâce à sa puce low cost Atom, le fondeur compte bien jouer un rôle de premier plan dans ce marché encore dominé par le concurrent ARM. A ce jour, il revendique plus de 700 accords OEM signés avec des constructeurs, dans des segments aussi divers que la médecine, la défense ou le divertissement. L'un de ces constructeurs, Panasonic, a ainsi présenté le Toughbook U1, un PC portable ultramobile et durci, pour des conditions de travail extrêmes: exercices militaires, plates-formes de forage, halles de stockage réfrigérées, etc.

Panasonic Toughbook U1

Cet appareil dispose d'un écran 5,6 pouces (1024x600), d'un clavier intégré et d'une durée de fonctionnement de neuf heures. Il est muni d'une double batterie, ce qui permet son remplacement en situation de mobilité sans avoir à éteindre le terminal. Mais le plus important, c'est qu'il fonctionne avec une version normale de Windows Vista Business. "Sans Atom et sa faible consommation, nous n'aurions pas pu réaliser un terminal durci aussi petit, avec les capacités d'un vrai PC. Pour les services informatiques, c'est beaucoup plus pratique de gérer un système d'exploitation classique qu'une version mobile spécifique", explique Antony Mungiello, responsable projet au sein de Panasonic.

Intel Developer Forum 2008

Nehalem, du sol au plafond

Après avoir présenté au grand jour l'architecture de Nehalem, Intel en a également profité pour donner quelques précisions sur sa feuille de route produits. Sans surprise, Nehalem sera décliné sur tous les segments, hormis celui des petits terminaux qui est réservé à Atom.

A l'avenir, la marque Core sera présente sur tous les produits côté postes clients. Ce qui permettra de simplifier la politique marketing. Nehalem apparaîtra d'abord à la fin de l'année 2008 dans les PC de bureau haut de gamme, avec la plate-forme quadricœur Core i7. En 2009, l'architecture sera étendue à tous les autres segments du PC fixe (noms de code Lynnfield et Havendale) et mobile (noms de code Clarksfield et Auburndale). Les configurations quadricoeur deviendront prédominantes, même dans les segments mobiles. Seules les plates-formes d'entrée de gamme – qu'Intel appelle Mainstream – resteront bicœurs.

Roadmap-Core

Au niveau des serveurs, le haut et le moyen de gamme (Workstation, HPC, Efficient Performance) basculeront vers Nehalem d'ici à la fin de l'année, avec des configurations bisocket basées sur le processeur Nehalem-EP. En 2009, l'entrée de gamme sera équipée de processeurs Lynnfield et Havendale. Quant au très haut de gamme (Expandable), il bénéficiera de configurations quadrisockets basées sur le processeur Nehalem-EX. Ce dernier segment sera le dernier à adopter Nehalem pour ne pas faire de l'ombre au processeur à six cœurs Xeon 7400 (Dunnington), qui vient d'être lancé.

Roadmap-Xeon

Intel Developer Forum 2008

Intel va dans l'espace

En marge du forum IDF, les participants ont pu admirer un premier prototype du vaisseau spatial Hermes de la société américaine Star Systems. Cette entreprise a été fondée par l'ingénieur Morris Jarvis qui a commencé à bricoler son propre vaisseau dès 1993 dans son garage. Morris Jarvis se définit lui-même comme "un geek qui rêve d'être un astronaute".

A l'instar d'un Virgin Galactic, Star Systems veut proposer aux personnes privées (et riches) des escapades dans l'espace, à des altitudes comprises entre 30 et 100 km. Un premier vol de test devrait être effectué en octobre prochain. D'autres suivront. Si tout se passe bien, la société espère passer en production d'ici deux ou trois ans.

Intel figure parmi les sponsors de ce projet et fournit à la société toute une série de processeurs, de la puce intégrée EP80579 au processeur Atom Z5xx, en passant par les plates-formes Core 2 et Xeon. Ces unités de calcul permettront de gérer les capteurs et les systèmes de supervision pendant les vols. Pour faire face aux conditions extrêmes d'utilisation, certains processeurs EP80579 ont été intégrés dans des châssis durcis.

Tags : atom espace
Intel Developer Forum 2008

Une boîte à outils pour programmeurs parallèles débutants

Durant cette deuxième journée à l'IDF, Intel a annoncé une nouvelle gamme de logiciels d'aide au développement, dédiée à la programmation parallèle en C/C++ sous Microsoft Visual Studio. Baptisée Intel Parallel Studio (IPS), cette nouvelle boîte à outils vise à gérer l'ensemble du processus de multithreading, depuis l'identification du code parallélisable à son optimisation, en passant par la compilation et le débogage.

parallel-studio

En réalité, Intel proposait déjà ce type d'outils, mais jusqu'à présent ils étaient d'un usage relativement compliqué, car plutôt destinés aux utilisateurs du calcul haute performance – communauté scientifique, finance, pétrole, etc. "Avec IPS, nous voulons fournir une suite packagée aux développeurs classiques, qui travaillent sous Visual Studio et qui ne sont pas forcément des spécialistes du multithreading. L'objectif est de les aider à paralléliser rapidement n'importe quelle application", explique James Reinders, direction marketing et business au sein d'Intel Software.

Exit donc l'élitisme d'antan, voici venu le parallélisme pour les masses. Pour Intel, l'intérêt est évident, car plus il y aura d'applications parallèles, plus ses processeurs multicœurs seront utiles. Pour l'instant, cette nouvelle offre logicielle n'est pas encore disponible. Une version bêta est prévue pour novembre et le lancement commercial pour mi-2009.

La gamme sera constituée de quatre logiciels indépendants, entièrement compatibles avec Microsoft Visual Studio. Le premier est Advisor, qui indique au développeur les parties du code pouvant être séparées en plusieurs threads et qui préconise des solutions pour la gestion des conflits d'exécution. Composer est un compilateur C/C++ incluant les librairies nécessaires à l'exécution parallèle. Inspector est un outil de débogage capable, en particulier, de détecter les erreurs de synchronisation éventuelles. Enfin, Amplifier va permettre d'optimiser l'application en regard de la plateforme matérielle.

IPS supportera évidemment toutes les processeurs multicœurs d'Intel. Le support de Larrabee, sa future puce graphique multicoeur, est également prévu. IPS pourra même fonctionner avec des puces multicœurs non-Intel (AMD par exemple). Seules quelques fonctions d'optimisation d'Amplifier risqueront alors de ne pas fonctionner. "Les premiers utilisateurs d'IPS seront très certainement les développeurs d'applications graphiques, tels que les jeux ou les logiciels d'édition vidéo", précise James Reinders. La tarification n'est pas encore définie.

Intel Developer Forum 2008

Des disques SSD pour fluidifier le transit de données

Le meilleur ami d'Intel n'est pas le chien, mais le disque SSD. Et pour cause: "Durant les dix dernières années, les CPU sont devenus très performants. Mais la grande quantité de données qu'ils sont capables de véhiculer crée des goulots d'étranglement qui posent problème. Mais les disques SSD peuvent les réduire", explique Kishore Rao, directeur de produits au sein de la division NAND Product Group chez Intel.

On l'aura compris. Si Intel veut continuer à produire des puces de plus en plus performantes, il a intérêt à coupler ses ventes avec des disques SSD. Et comme on n'est jamais mieux servi que par soi-même, le fondeur vient d'annoncer, à l'occasion du forum IDF, une nouvelle gamme de disques SSD haute performance.

Ainsi, les PC portables et de bureau pourront intégrer, d'ici à un mois, des disques SSD de 1,8 pouce (X18-M) ou de 2,5 pouces (X25-M), avec des capacités respectives de 80 Go et 160 Go. Le mois suivant, Intel rendra disponible des disques SSD de 2,5 pouces avec un volume de stockage de 32 Go. Baptisés X25-E, ils seront destinés aux serveurs, aux stations de travail et aux équipements de stockage. Une version à 64 Go est prévue pour le premier trimestre 2009.

SSD-Mainstream SSD-Extreme

Alors que les modèles M (Mainstream) affichent une vitesse d'écriture de 70 Mo/s, les modèles E (Extreme) vont pouvoir aller jusqu'à 170 Mo/s. Les deux lignes de produits présentent la même vitesse de lecture (250 Mo/s), mais avec une latence moindre(*) pour les E (75 microsecondes) que pour les M (85 microsecondes). Malheureusement, Intel n'a pas souhaité communiquer sur les tarifs.

(*) Article corrigé le mercredi 20 août. La latence de ces disques SSD se mesure en effet en microsecondes et non pas en millisecondes comme indiqué initialement.

Tags : ssd
Intel Developer Forum 2008

Nehalem fait des arrêts cardiaques automatiques

Lors de cette première journée de l'IDF, Intel a enfin levé le voile sur les principales fonctions de la nouvelle architecture de microprocesseur Nehalem, dont l'une des grandes nouveautés est le Turbo Mode. Celui-ci ne permet d'alimenter que les cœurs de calcul réellement utilisés et d'arrêter les autres. Ces "infarctus informatiques" sont fort utiles. Ils font économiser de l'énergie lorsque l'utilisateur exécute, par exemple, des applications qui n'utilisent qu'un seul fil d'exécution (mono-thread) et qui n'ont donc besoin que d'un seul cœur. C'est le cas pour certaines applications bureautiques ou des logiciels utilitaires.

Selon le fondeur, provoquer ces arrêts cardiaques est loin d'être trivial. "Il a fallu pour cela développer un nouveau type de transistor, à forte résistance électrique et sans fuite de courant", explique Rajesh Kumar, directeur des technologies à faible puissance au sein d'Intel. Placés au niveau de chaque cœur de calcul, ces transistors jouent alors le rôle d'interrupteur.

Mais le Turbo Mode ne se résume pas à une multiprise. C'est également un accélérateur. En effet, une partie de l'énergie économisée est utilisée pour augmenter la cadence du ou des cœurs en activité (overclocking), afin de booster les performances de l'application. De sorte que chaque cœur peut maintenant se retrouver avec un voltage et une fréquence différente des autres. Cette gestion complexe du courant et des performances est prise en charge par un microcontrôleur intégré à Nehalem. Voici une représentation graphique du système complet:

TurboMode

Ce microcontrôleur n'est d'ailleurs pas le seul composant qui fait son apparition dans cette nouvelle génération de processeur. Nehalem dispose également, et c'est nouveau, d'un contrôleur de mémoire intégré. Ainsi, la plate-forme aura un accès direct à la mémoire et ne sera plus obligée de passer par des éléments externes du chipset tel que le Northbridge ou le Southbridge. Ainsi, le fondeur pense pouvoir tripler la bande passante mémoire au niveau du processeur.

Pour faciliter le flux de données, Intel introduit également trois niveaux de cache mémoire (L1, L2, L3), deux pour chaque cœur et un troisième qui est commun à tous. Enfin, citons la réapparition de la fonction d'hyperthreading qui permet de gérer deux threads par cœur de calcul, donc de doubler virtuellement le nombre de cœurs de calcul. Cette technologie avait déjà été implémentée dans les Pentium 4 en 2002, mais pas dans les Core et les Core 2.

Les premières puces issues de l'architecture Nehalem seront les processeurs quadricœurs Core i7, disponibles au quatrième trimestre 2008 pour les PC et les stations de travail. Peu de temps après, Intel proposera des dérivés pour les serveurs (Nehalem-EP, Nehalem-EX) et pour les PC portables.

Tags : core i7 nehalem
Intel Developer Forum 2008

Qu'est-ce que la consommation énergétique ?

Face au problème écologique (et accessoirement à la montée des prix de l'énergie), l'industrie informatique reste en ordre dispersé. C'est en tous les cas l'impression qui ressort de la table ronde organisée par Intel la veille de l’ouverture de son forum. Intitulé « The Eco-Technology Great Debates », cet événement a réuni une petite vingtaine d’experts de tout bord : fondeurs, constructeurs, utilisateurs, éditeurs, organismes de test, etc.

Pour maîtriser la consommation énergétique, il faut pouvoir la mesurer. Et déjà là, les problèmes commencent. Que faut-il mesurer ? Et comment ? Faut-il mesurer la consommation énergétique d'un système dans son ensemble ou plutôt au niveau de chaque composant ? Chez les intervenants, les idées claires n’ont pas été nombreuses. Le manque de consensus est tellement flagrant que l’organisme Energy Star, qui recueille l’avis des acteurs informatiques pour définir ses normes, a des difficultés pour définir ce qu’est… un serveur. Bref, cela n’avance pas vite.

Il faut dire que sur le terrain, on est encore loin de ce genre de considérations. « 90 % des datacenters n’utilisent pas les fonctions de gestion énergétique embarquées dans les équipements, pour ne pas brider leur puissance de calcul », indique Ray Pfeifer, vice-président de SynapSense, un fournisseur d’équipements de mesure.

C’est au sujet des datacenters que le débat se polarise le plus. Ces installations deviennent petit à petit de véritable ogres énergétiques. Dans ces conditions, faut-il employer des équipements à haute densité de calcul tels que les serveurs lames ou non ? A force de rapprocher les composants, il devient de plus en plus difficile de refroidir ce type de matériel. Inversement, si l’on n'utilise que des équipements à faible densité, il faut plus de volume de stockage, ce qui rallonge les transports de chaleur et diminue l’efficacité énergétique.

Partisan du « low density computing », Christian Belady, responsable énergie au sein de Microsoft, pense que les constructeurs informatiques devraient changer les conditions de fonctionnement de leurs équipements. « Les serveurs d’aujourd’hui sont conçus pour fonctionner autour de 25°C, explique-t-il. Pourquoi ne pas créer des équipements qui peuvent fonctionner à 50°C ? Cela permettrait de baisser le niveau de refroidissement qui représente l’essentiel de la consommation énergétique. »

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