Qu'est-ce que la consommation énergétique ?
Par Gilbert Kallenborn le mardi 19 août 2008 à 06:03
Face au problème écologique (et accessoirement à la montée des prix de l'énergie), l'industrie informatique reste en ordre dispersé. C'est en tous les cas l'impression qui ressort de la table ronde organisée par Intel la veille de l’ouverture de son forum. Intitulé « The Eco-Technology Great Debates », cet événement a réuni une petite vingtaine d’experts de tout bord : fondeurs, constructeurs, utilisateurs, éditeurs, organismes de test, etc.
Pour maîtriser la consommation énergétique, il faut pouvoir la mesurer. Et déjà là , les problèmes commencent. Que faut-il mesurer ? Et comment ? Faut-il mesurer la consommation énergétique d'un système dans son ensemble ou plutôt au niveau de chaque composant ? Chez les intervenants, les idées claires n’ont pas été nombreuses. Le manque de consensus est tellement flagrant que l’organisme Energy Star, qui recueille l’avis des acteurs informatiques pour définir ses normes, a des difficultés pour définir ce qu’est… un serveur. Bref, cela n’avance pas vite.
Il faut dire que sur le terrain, on est encore loin de ce genre de considérations. « 90 % des datacenters n’utilisent pas les fonctions de gestion énergétique embarquées dans les équipements, pour ne pas brider leur puissance de calcul », indique Ray Pfeifer, vice-président de SynapSense, un fournisseur d’équipements de mesure.
C’est au sujet des datacenters que le débat se polarise le plus. Ces installations deviennent petit à petit de véritable ogres énergétiques. Dans ces conditions, faut-il employer des équipements à haute densité de calcul tels que les serveurs lames ou non ? A force de rapprocher les composants, il devient de plus en plus difficile de refroidir ce type de matériel. Inversement, si l’on n'utilise que des équipements à faible densité, il faut plus de volume de stockage, ce qui rallonge les transports de chaleur et diminue l’efficacité énergétique.
Partisan du « low density computing », Christian Belady, responsable énergie au sein de Microsoft, pense que les constructeurs informatiques devraient changer les conditions de fonctionnement de leurs équipements. « Les serveurs d’aujourd’hui sont conçus pour fonctionner autour de 25°C, explique-t-il. Pourquoi ne pas créer des équipements qui peuvent fonctionner à 50°C ? Cela permettrait de baisser le niveau de refroidissement qui représente l’essentiel de la consommation énergétique. »





01:08 boubou -
Commentaires
la proposition de M. Belady laisse perplexe. La technologie ne peut pas contourner des principes de physique élémentaire. Un serveur consommera autant à 25°C qu'à 50°C voire même plus puisque la résistance électrique augmente avec la température.
On se retrouvera avec la même quantité d'énergie à traiter sauf à savoir faire disparaitre de l'énergie électrique sans la changer en autre chose. Dans le principe, le système de refroidissement fonctionnera à l'identique qu'il s'agisse de 25 ou de 50°C sauf sur un point, il est plus facile de "faire" du froid à un niveau de 50°C qu'à 25°C.
J'imagine que c'est par le biais du freecooling (on se sert « directement » du froid extérieur) ou un truc similaire que M. Belady vise un gain énergétique sur la clim. L'idée est juste mais il reste à démontrer par le calcul le gain réel en conditions, sachant qu'il n'y a pas besoin de modifier les serveurs pour bénéficier dès à présent du freecooling. Il suffit que les conditions extérieures s'y prêtent (l'hiver, ls nuits, peut-être en automne ou une partie du printemps)
Par ailleurs, qu'est-ce que signifie exactement un serveur prévu pour fonctionner à 50°C ? Qu'est-ce qui est à 50° ? la carte, les composants, la carcasse ??? sachant que le processeur est déjà largement à plus de 25°C, tout ça est assez flou. En tout cas si des éléments aujourd’hui à 25°C se retrouvent à 50°C, ça va faire un drole de data centre, gare ou on met les doigts.
Au passage, s'il faut toujours produire de l'air froid ou de l'eau glacée aux mêmes températures que pour les serveurs actuels, il devient difficile de comprendre comment gagner quelque chose sauf à escamoter des kW dans la poche de M. Belady.
Au final, l'idée parait fumeuse, même si à 50°C il n'y a pas encore de fumée. On est sur une logique de principe mais rien de démontré et on doit passer sous silence les obstacles techniques pour gagner 25°C sur les serveurs. Une seule chose est sûre, les bons conseils de M. Belady ne risquent pas de trouver preneur chez son employeur puisque ce dernier ... ne fabrique pas de serveur.
Et vous semblez oubliez que ce qui entoure ces fameux ordinateurs sont des climatisations qui vont aider à refroidir ces ordinateurs gros et petits et que celles-ci consomment aussi beaucoup d'énergie, et comme il fait de plus en plus chaud...
Si ce sujet vous intéresse, je vous encourage à visiter la section "datacenter" de mon blog : http://www.greenit.fr/tag/datacente...
-fred